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Balade Tsigane…

Extrait de mon recueil Imagine et petit clin d’oeil à un bon ami qui souhaite apprendre la guitare…

En marchant un soir le long du canal, j’entendais un orchestre tsigane provenant de l’ouest. Je décidais de modifier ma trajectoire et je me dirigeais vers l’espace sonore, de plus en plus proche.

Tandis que j’avançais sur les pavés de pierre, mes escarpins cliquetaient au rythme des instruments et je sentais mon cœur s’affoler comme si quelque fantastique aventure m’attendais là-bas.

Le rythme s’intensifiait. A présent, je courais presque, absorbant de grandes bouffées d’air chaud épicé. Le tempo quant à lui, devenait de plus en plus pressant, bruyant, presque insistant.
En deux pas, trois mouvements, j’arrivais sur la place juste pour la fin du concert, essoufflée par ma course et aux premières loges pour écouter les applaudissements…

Mais ma déception ne dura pas.

Alors que la foule s’écartait et reprenait possession de l’espace, je regardais autour de moi pour la première fois depuis plusieurs minutes et découvrais un endroit d’une grande beauté – une sorte de musée à ciel ouvert.
Avec ses bâtiments antiques, ses fontaines baroques surmontées de personnages mythologiques, et ses terrasses de restaurants d’où émanaient des effluves ennivrantes, la Piazza Navona donnait l’impression d’un lieu magique où tout pouvait arriver.

Etourdie par la chaleur et le dépaysement, je décidais de prendre un gelato.

Il y avait une file d’attente impressionnante mais je persistais, décidée à prolonger le charme avec la fameuse gourmandise glacée. Patiente, je laissais mon esprit vagabonder en regardant les passants pendant les interminables minutes qui me séparaient de mon délice vanille-fraise. Ce fut soudain mon tour, comme par enchantement. Au moment de payer, j’eus à peine le temps de m’apercevoir de l’insuffisance de ma menue monnaie qu’un mystérieux garçon derrière moi me tendait déjà la main avec le complément. Après mille grazie et un éclat de rire, nous nous échappions avec nos gelati pour emprunter au hasard une ruelle illuminée.

La nuit était moite et teintée de bleu…et Rome, plus vivante que jamais. Assise sur le rebord d’une statue avec ce bel inconnu, je contemplais la scène digne d’un film d’époque : les touristes ahuris se melaient aux locaux éméchés, la vanille fondait doucement sur la fraise et une main s’enroulait autour de la mienne…

Puis vinrent les guitaristes. Puis deux verres de vin. Puis deux autres. J’enlevais mes chaussures pour accompagner la mélopée avec mon inconnu. Un pas de deux, trois tournicotons, quatre autres verres de vin…et nous nous plongions dans une grande conversation…Quittant la place pour en découvrir une autre, nous applaudissions en riant, continuant à nous raconter des histoires incroyables à l’abri des regards indiscrets.

Et, tandis que l’aube pointait son nez, la peur s’empara de moi.

J’avais oublié que j’étais déjà invitée quelque part ce soir…

balade tsigane



Une réponse à “Balade Tsigane…”

  1. sophie dit :

    Très belle histoire. Cela donne envie d’aller à Rome et j’ai hâte de lire le reste!

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